Archives pour juin 2009



Premier Salon du Livre de Rouen

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Quelques libraires indépendants (l’Armitière, le Lotus, la Procure, Au Grand Nulle Part et La Renaissance) organisent la première édition du Salon du livre de Rouen, les samedi 27 et dimanche 28 juin 2009 à la Halle aux Toiles. C’est un super projet, qui se complète avec le festival BD de Darnetal et le salon du livre de la jeunesse de Rouen. Il n’y a pas trop de trois manifestations de ce genre sur l’agglo… Bonne initiative !

Avec, côté BD, la présence de Cabu pour la sortie de son dernier ouvrage : Démobilisation Générale. Jean Claude Mézières, avec une exposition organisée au premier étage. Une rencontre avec le scénariste de SF Fred Duval et ses dessinateurs : Christophe Quet (Travis) et Emen (Carmen Mc Callum). Ainsi que Luc Jacamon, dessinateur de la série Le Tueur, Christian Gaudin pour ses Histoires de chats zen et Jean-françois Kieffer pour sa série BD Loupio…

Côté littérature, on retiendra entre autres la présence de Alain Mabanckou et son Black Bazar, Eric Fottorino avec L’homme qui m’aimait tout bas, Vladimir Fédorovski et Les amours de La Grande Catherine, Jean Jacques Vanier avec Vive les vacances! ou Richard Bohringer avec ses deux pièces de théâtre : Zorglub suivi de Les Girafes…

Outre ses auteurs reconnus, un espace sera consacré aux auteurs régionaux et à leurs éditeurs.

Rencontres et séances de dédicaces seront au programme. L’occasion rêvée de parler avec eux, d’échanger conseils de lecture avec d’autres voyageurs immobiles, de prendre du bon temps… Petit compte rendu après visite.

http://www.salondulivrederouen.com/

Edit du 28/06/2009 :

Au rez-de-chaussée de la superbe Halles aux Toiles, se tenait  l’exposition JC Mezières comprenant une bonne quarantaine de lithographies en couleurs. Des planches, des esquisses, des couvertures d’albums, ses projets pour le cinéma (sa participation au 5ème élément)… Un dessinateur génial !

L’expo se prolonge au premier étage, là ou se trouve le salon en lui-même. Une autre expo super sympa de « tête de pochette ». Le principe consiste à photographier des gens cachant leurs visages avec des pochettes de vinyls (voir ici) . S’en suivent les libraires (proposant les ouvrages, normal) entourés des stands de dédicaces. Les auteurs de BD ont eu un franc succès mais les écrivains n’étaient pas en reste…

Faute de temps, je n’ai pas eu l’occasion d’assister aux rencontres et autres tables rondes, dommage. Un premier salon (les organisateurs essuyaient les platres mais c’était super pro !) à taille humaine et à l’ambiance plutôt chaleureuse. A suivre…

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L’entrée du salon…

HALLOWEEN – Rob Zombie (2007)

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Je trouve cet Halloween de Rob Zombie très bon. Certes, il ne peut pas être aussi original que celui de Carpenter, mais je le trouve très réussi et plutôt utile dans sa première partie, pour comprendre un peu mieux la personnalité de Michael Myers. Ce que j’apprécie dans le point de vue de Zombie, c’est qu’il le considère à la base comme un être humain qui devient un monstre, un non-humain.

J’aime beaucoup cette approche psychologique (toute proportion gardée, Zombie est un artiste, pas un psychiatre) : Comment un enfant se construit au point de devenir un monstre, et à quel moment le devient-il ? Quel est l’élément déclencheur qui l’amène à passer à l’acte ? Tous les cas de schizophrénie et autres psychoses lourdes passent par une phase de décompensation qui amène le passage à l’acte…

La deuxième partie reprend là où commence le film de Carpenter : Myers s’est échappé de l’asile et prend sa soeur en chasse. Zombie y est plus fidèle au film matriciel, tout en évitant le copier-coller ou la référence trop appuyée.

Zombie a su inclure ses obsessions à l’œuvre originale de Carpenter. On retrouve sa thématique de prédilection : la famille pathogène. Il a su également raconter l’histoire d’une autre manière, avec un autre point de vue. Il se focalise sur Myers alors que Carpenter s’attardait plus sur les personnages secondaires, Laurie ou le Dr Loomis. Zombie cherche à comprendre la folie de Michael, ce qui l’amène à tuer, là où Carpenter décrit seulement les faits…

Un des meilleurs remakes de film d’horreur vu à ce jour (je le préfère à La colline a des yeux de Aja ou à L’armée des morts de Snyder) qui ne trahit pas l’œuvre de référence et y apporte quelque chose en plus, un autre point de vue. J’irai voir le Halloween 2 à sa sortie.

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L’ART MODERNE – Joost Swarte (Les Humanoïdes Associés, 1980)

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Joost Swarte, le hollandais sous influences, est un artiste complet. Auteur et dessinateur, il possède une exigence éditoriale sans pareil. Il conçoit lui-même toutes les phases de la création d’un album : dessins et scénarii bien sur, mais aussi la typographie, les mises en page, les couleurs (ses tons pastels sont magnifiques).

Un théoricien, créateur des concepts de la Ligne claire, qui applique les principes de l’école de Bruxelles (Hergé et Jacob) et du Style atome, se référant à l’école de Marcinelle (Jijé et Franquin).

Un esthète, comme le qualifie très bien Florence Cestac. Il serait aussi exigeant qu’ Etienne Robial. Pas étonnant alors que Swarte ait essentiellement édité chez Futuropolis ou Les Humanoïdes Associés (pas ceux de maintenant bien sur).

Ce retour à la Ligne Claire au début des années 80 – dans les pages de Métal Hurlant avec entres autres les « modernes » Yves Chaland, Ted Benoit ou Serge Clerc – paraissait devoir vieillir trop vite (comparé à Druillet ou Moebius), mais a su se bonifier. Le temps l’a rendu intemporel et il parait maintenant beaucoup moins daté que la Ligne crasse, l’autre courant graphique du journal (cela dit, un dessinateur comme Charlie Schlingo revient en force).

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L’Art Moderne est un ouvrage dont le titre parait un peu prétentieux, mais qui dans le fond ne pouvait s’appeler autrement. L’influence des Avant-gardes artistiques (entre le Cubisme, le Bauhaus ou le Pop Art) se fait bien ressentir. Joost Swarte a su renouveler un style un peu vieillot, qui évoque surtout l’age d’or des périodiques pour la jeunesse. Il utilise tous les préceptes de la Ligne claire : un trait noir régulier soulignant les formes, des couleurs pastels en aplat (sans effet de matière), pas d’ombres…

Un style plus symbolique que réaliste. Archétypal. Un style enfantin qui contraste avec des histoires d’adultes, nous racontant les déboires de zonards urbains (des camés, des malades mentaux, des suicidaires, des artistes fous…

D’une manière générale (et chacun à leur manière), les hollandais, ces flamands irrévérencieux, font dans l’humour absurde et trash, toujours provoquant, parfois dérangeant : Willem en tête (qui a scénarisé et traduit certaines histoires de cet album), Kamagurka et Herr Seele avec leur Cowboy Jean (qu’on retrouve parfois dans les pages du Psiko) ou le scatologique Léon la Terreur de Van Den Boogaard…

Joost Swarte n’échappe pas à la règle. Voir ces scènes gores sous les traits d’un Hergé ou d’un St Ogan crée un décalage plutôt hallucinant et franchement génial !

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(4 de couv’ de l’édition Futuropolis)

Joost Swarte revient au premier plan avec l’ouverture du Musée Hergé (dont il est le concepteur graphique) ainsi que  l’exposition  « A la recherche du Style Atome », à Bruxelles. Denoel Graphic prévoit de rééditer ses albums (dont cet Art Moderne) pour 2010.

La Jonque Fantôme vue de l’Orchestre – Jean Claude Forest (Casterman, 1981)

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Magnifique texte que j’aurai bien aimé écrire, tant j’en ressens presque les mêmes impressions… Il est de mon ami Vidocq, qui m’a fait découvrir ce joyau. Un artiste aussi… 

Qu’est ce qu’un chef d’oeuvre ? ”Œuvre capitale, parfaite en son genre” (dictionnaire hachette… ) On pourrait ajouter : Exemple : ” La jonque fantôme vue de l’orchestre ” de J.C Forest. Personnellement , elle est la première bd qui m’ai fais découvrir la puissance évocatrice de la narration dessinée. C’est ma Madeleine de Proust : j’y reviens toujours, à un moment ou à un autre.

Forest est partie trop tôt, en 1998. Quand j’ai appris sa mort j’ai éprouvé une réelle tristesse. La jonque fait partie de sa dernière phase créative, la plus féconde à mon sens. Barbarella , publiée en 1962 fut un événement par la liberté narrative et sociologique ( la place nouvelle de la femme ) dont il témoignait. La Bande dessinée entrait dans l’âge adulte … ça fait longtemps que je ne l’ai pas relu mais il me semble qu’elle est – malgré ses qualités , et parce qu’elle s’inscrit dans une époque – un peu datée. Ses derniers albums – Enfants, c’est l’hydragon qui passe ou Ici même dessiné par Tardi et la jonque – sont sans doute des œuvres plus universelles parce que hors du temps, bercées d’une poésie et d’un onirisme assez rares.

Le titre lui-même, mystéreux, intrigant, ouvert, est une invitation à s’égarer dans un récit très original : ” Au début du XXe siècle, le jeune soldat déserteur Gaston Gamine échappe de peu à la noyade et se retrouve sur les rives serbo-croates (en Saravonie Argovine, entendez la Yougoslavie). Il rencontre presque aussitôt Winnic Radbod, un vendeur de « fenêtres hygiéniques », de celles qui donnent sur des univers parallèles. Il les vend, là, en pleine guerre, à ceux qui veulent encore rêver. Et Gaston est de ceux-là. Il devient l’apprenti du commerçant et finit par basculer de l’autre côté du miroir dans un ailleurs où l’attend une femme étrange.” ( sources : cndp.fr )

Dans un style parfois très expressionniste, rappelant certaines gravures anciennes des beaux livres d’antan Forest donne vie à ce récit en laissant libre court à l’imaginaire le plus débridé. Grand dessinateur il use d’une plume nerveuse et dynamique , mariant noir et blanc à la perfection jouant assez peu sur les aplats et lui préférant des compositions hachurées qui participent au dynamisme du récit. Forest est alors au sommet de son art et il y a de la jubilation dans son trait.

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Ce plaisir ne serait rien s’il n’était servi par un texte inventif qui témoigne d’un sensibilité profonde. Littéraire mais sans redondance, Forest aime écrire et cela se sent. Il y a parfois du Céline dans la gouaille de Gaston Gamine. Le texte est dense et la collection ” roman A suivre ” dans lequel il fut publié se justifie totalement.

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Osez enjamber la fenêtre : passez de l’autre coté. C’est ce à quoi vous invite ce mariage heureux du plaisir d’écrire et de dessiner. Un quoi déjà ? Ah oui : un chef d’œuvre !

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La Vallée des Hommes Perdus – Irène Frain & André Juillard (éditions DS, 1994)

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La romancière Irène Frain et de dessinateur André Juillard nous racontent leur périple effectué au fin fond du Madhya Pradesh, sur les traces de Phoolan Devi, la célèbre femme-bandit indienne qui terrorisa l’Inde au début des années 80.

C’est un carnet de voyage à quatre mains, dont chacun tire profit des qualités artistiques de l’autre. Sur les pages de droite, les aquarelles de Juillard, sorte de polaroïds, d’instantanés (tous de même format) apportent une sérénité qui contraste admirablement avec les écrits de Frain (pages de gauche) qui puise dans le passé, l’histoire de la région, de Devi et évoquent souvent la souffrance, la mort…

Célèbre auteur de bande dessinée, Juillard nous démontre ici qu’il est aussi un remarquable illustrateur. Ses dessins aux traits légers, vifs, sont d’une grande rigueur académique, associés à des couleurs aquarelles subtiles et intenses…  Un beau livre.

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La terre ici n’est qu’écorchure, plaie vive, offerte à toutes les douleurs. A se demander comment survivent les villages enserrés dans les profondes crevasses. Hormis le fleuve où roulent les germes du Mal, le paysan n’a d’autre horizon que ce maquis de fissures et d’ornières, grumeleuse pellicule entaillée de lézardes, labyrinthe au sol gercé par les mois de fournaise, gouffre de boue dès l’heure où la flagellent les premières pluies de mousson. Néant blafard où vont se perdre, depuis que le monde est monde, les chimères des vivants et les cendres des morts. (Irène Frain)

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Le matin, en descendant vers les puits, vers les quelques sources encore vierges de l’Esprit de Révolte, les paysannes entonnent les chansons qui racontent l’histoire du fleuve, l’inexorable enchaînement de vengeances et de haines qui voue le pays aux forces des ténèbres. (Irène Frain)

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