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La Jonque Fantôme vue de l’Orchestre – Jean Claude Forest (Casterman, 1981)

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Magnifique texte que j’aurai bien aimé écrire, tant j’en ressens presque les mêmes impressions… Il est de mon ami Vidocq, qui m’a fait découvrir ce joyau. Un artiste aussi… 

Qu’est ce qu’un chef d’oeuvre ? ”Œuvre capitale, parfaite en son genre” (dictionnaire hachette… ) On pourrait ajouter : Exemple : ” La jonque fantôme vue de l’orchestre ” de J.C Forest. Personnellement , elle est la première bd qui m’ai fais découvrir la puissance évocatrice de la narration dessinée. C’est ma Madeleine de Proust : j’y reviens toujours, à un moment ou à un autre.

Forest est partie trop tôt, en 1998. Quand j’ai appris sa mort j’ai éprouvé une réelle tristesse. La jonque fait partie de sa dernière phase créative, la plus féconde à mon sens. Barbarella , publiée en 1962 fut un événement par la liberté narrative et sociologique ( la place nouvelle de la femme ) dont il témoignait. La Bande dessinée entrait dans l’âge adulte … ça fait longtemps que je ne l’ai pas relu mais il me semble qu’elle est – malgré ses qualités , et parce qu’elle s’inscrit dans une époque – un peu datée. Ses derniers albums – Enfants, c’est l’hydragon qui passe ou Ici même dessiné par Tardi et la jonque – sont sans doute des œuvres plus universelles parce que hors du temps, bercées d’une poésie et d’un onirisme assez rares.

Le titre lui-même, mystéreux, intrigant, ouvert, est une invitation à s’égarer dans un récit très original : ” Au début du XXe siècle, le jeune soldat déserteur Gaston Gamine échappe de peu à la noyade et se retrouve sur les rives serbo-croates (en Saravonie Argovine, entendez la Yougoslavie). Il rencontre presque aussitôt Winnic Radbod, un vendeur de « fenêtres hygiéniques », de celles qui donnent sur des univers parallèles. Il les vend, là, en pleine guerre, à ceux qui veulent encore rêver. Et Gaston est de ceux-là. Il devient l’apprenti du commerçant et finit par basculer de l’autre côté du miroir dans un ailleurs où l’attend une femme étrange.” ( sources : cndp.fr )

Dans un style parfois très expressionniste, rappelant certaines gravures anciennes des beaux livres d’antan Forest donne vie à ce récit en laissant libre court à l’imaginaire le plus débridé. Grand dessinateur il use d’une plume nerveuse et dynamique , mariant noir et blanc à la perfection jouant assez peu sur les aplats et lui préférant des compositions hachurées qui participent au dynamisme du récit. Forest est alors au sommet de son art et il y a de la jubilation dans son trait.

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Ce plaisir ne serait rien s’il n’était servi par un texte inventif qui témoigne d’un sensibilité profonde. Littéraire mais sans redondance, Forest aime écrire et cela se sent. Il y a parfois du Céline dans la gouaille de Gaston Gamine. Le texte est dense et la collection ” roman A suivre ” dans lequel il fut publié se justifie totalement.

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Osez enjamber la fenêtre : passez de l’autre coté. C’est ce à quoi vous invite ce mariage heureux du plaisir d’écrire et de dessiner. Un quoi déjà ? Ah oui : un chef d’œuvre !

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