Archives pour mai 2009



DESSINS POLITIQUES – Siné (J.J.Pauvert éditeur, 1965)

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Siné est depuis toujours –et pour toujours- non pas un « anti-tout » comme certains aiment à le réduire, mais un anti-cons (au pluriel). Il s’attaque surtout à la connerie institutionnalisée : l’armée, la religion, les politiques colonialistes, le capitalisme, la bourgeoisie…

Pour lutter, il a su créer une forme d’humour particulier. Dans le fond, Siné a toujours conservé sa ligne de pensée : insoumis et sans concessions. Son champ d’action n’a pas changé non plus. C’est un activiste du dessin d’humour, domaine qu’il n’a cessé d’explorer avec jubilation (du moins pour ses lecteurs), pour dénoncer les abus de pouvoirs et les répressions de tout ordre, le plus efficacement possible.

Ce beau livre (petit format original et couverture en papier kraft) regroupe ses dessins politiques réalisés entre 1958 et 1965 (publiés à l’époque dans une dizaine de journaux, dont Siné-Massacre). Les thèmes abordés ne sont plus d’actualité (quoique), mais cinquante ans après, ces dessins restent pertinents et percutants. Comme quoi, l’époque change mais certaines choses demeurent… C’est pourquoi Siné l’enragé est toujours là, avec son style impérissable…

Siné utilise le procédé classique du dessin humoristique : un dessin unique avec le texte en dessous. Sauf qu’il est aux antipodes de l’humour potache de l’époque (calembours et amants dans l’armoire). Ses dessins sont engagés. Ils dénoncent. Son humour est noir, grinçant (il a remporté le Grand Prix de l’Humour Noir en 1955). Cette manière particulière (et depuis longtemps imitée) qu’il a de commenter l’actualité en intégrant des extraits d’articles de journaux dans ses dessins ou en diffusant ses lettres adressées à ses détracteurs (par exemple, au juge d’instruction suite à une inculpation pour « insultes publiques envers l’armée », en 1960).

S’il était moderne à l’époque, on ne peut pas dire qu’il soit dépassé aujourd’hui, au contraire. Resté fidèle à sa ligne de conduite, son style est toujours aussi percutant et dérangeant (les exemples récents ne manquent pas). La création de Siné Hebdo nous démontre qu’il est toujours aussi « vert » à 80 balais ! Un modèle. Santé Siné !

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L’ennemi intime…

LA MUSIQUE – Dominique A (Cinq7/wagram, 2009)

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Dominique A… La Musique… Intime… La sienne, la notre… In time… Prendre son temps… Voguer au rythme de ses mots, ses mélodies… In team… Orchestrations et harmonies de chambre… Voyages en solitaire… Intimiste… Entre nous, pour lui, pour nous, pour moi, seulement… Intimidante… Fascinante… Effrayante… Rassurante… « Intiminimaliste »… Evidente, belle, forte, intense…

Le sens, Immortels, Nanortalik, Qui es-tu ?, Hasta (que el cuerpo aguante), La Musique, Je suis parti avec toi, Le Bruit Blanc de l’été, Des étendues, Les garçons perdus, Hotel Congress, La fin d’un monde.

La Musique de Dominique A est, comme le dit l’intéressé : « La Fossette version Red Bull »… « Dans ce disque, il y a l’idée de revenir à un fonctionnement solitaire, à cette nuance près que maintenant il y a quelques personnes susceptibles de m’écouter.
Et aussi que je ne veux pas jouer sur une fragilité, sur une neutralité du chant. J’ai voulu savoir ce que je peux donner maintenant, à domicile, avec des instruments qui ressemblent peu ou prou aux instruments que j’avais avant, et avec quinze ans d’expérience musicale. »
Source

http://www.dominiquea.com/
Interview

Chroniques Birmanes – Guy Delisle (Delcourt Shampooing, 2007)

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Après la Chine et la Corée du Nord, Guy Delisle et sa petite famille s’installent cette fois-ci au Myanmar (nom officiel de la Birmanie), toujours pour raisons professionnelles, sa femme est en mission sur place pour Médecins Sans Frontières.

Delisle nous décrit son installation, sa vie quotidienne de père au foyer, sa découverte des us et coutumes locales… Bien qu’ils soient à l’autre bout du monde (dans un pays plutôt instable), ils vivent à l’occidentale (achat d’ordinateur, soirée cocktail à l’Australian club, réunions de parents d’élèves… Ils font parti de la communauté occidentale de la ville, mais on en apprend tout de même beaucoup sur la situation politique et sociale du  pays.

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Sans exotisme ni sensationnalisme, Delisle aborde tous les événements avec la même distance. Les tracas de la vie quotidienne, la joie d’observer les progrès de son fils, le dégoût suscité par la visite d’une léproserie, l’émerveillement et la peur lors d’un voyage en zone contrôlée, ses inquiétudes pour un de ses élèves (il donne des cours de dessin)… Toutes ces émotions sont rapportées avec la même intensité, sans ordre d’importance. C’est la grande originalité de ce carnet de voyage à la première personne, il n’y a pas de hiérarchie entre les événements vécus. Tout est raconté sur le même plan.

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Delisle maîtrise parfaitement le médium BD. Sa narration est fluide, sans temps morts ni longueurs. Ces séquences muettes, dans lesquelles il s’impose une structure de page en gaufrier, sont remarquables. Ses gammes de gris sont superbes, notamment les scènes de nuit. Son dessin (quasi humoristique) me plait un peu moins, trop stylisé. Surtout les décors. Ni trop réaliste, ni trop simplifié, son graphisme colle cependant parfaitement avec son point de vue, ni trop impliqué, ni trop détaché. Delisle nous raconte simplement ses impressions sur ce qu’il vit au jour le jour. Il n’exprime que rarement ses sentiments profonds et ne porte que peu de jugements de valeurs sur ce qu’il observe. Il fait preuve d’une certaine neutralité, ce qui lui permet d’aborder tous les événements avec un maximum d’objectivité.

Ce point de vue plutôt neutre fait que j’adhère moyennement à son récit (je préfère la subjectivité d’une Satrapi ou d’un Menu). On survole ses aventures mais on n’y est pas émotionnellement impliqué. Divertissant, intéressant, mais pas transcendant… Même si je n’ai pas eu le «coup de coeur», je lirai volontiers ses autres aventures…

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Guy Delisle

NEUVIEME ART n°15 – CIBDI (2009)

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Comme de coutume, c’est le gagnant du grand prix de la dernière édition du festival d’Angoulême (donc le président du jury de la nouvelle) qui signe la couverture du dernier numéro de 9ème Art (nouvelle formule). Après Wolinski, Trondheim et Blutch, ce sont Dupuy et Berberian qui ont dessiné la couv’ de ce quinzième numéro. La rédaction nous propose un dossier de plus de cinquante pages, incluant deux interviews séparées de ces deux auteurs inséparables… On y apprend d’ailleurs qu’ils ne sont pas si inséparables que ça. Ils savent aussi travailler seuls ou en collaboration avec d’autres auteurs…

Cette revue regorge de dossiers complets, d’interviews, d’analyses et de commentaires pertinents. Une quarantaine de page sur le génial Fred, dont un superbe article de Julien Bastide qui examine l’apport de Fred à la bande dessinée sur le plan formel, par le biais d’un abécédaire qui reprend les quinze lettres de l’Océan Atlantique.

On trouve également au sommaire : un article sur l’actualité du dessin animé (entre Persepolis et Peurs du Noir), un sur les nouvelles formes de la bande dessinée populaire, un autre intitulé « loin de la planche à dessin » (comprenant entre autre un entretien avec Jochen Gerner), ainsi que les rubriques habituelles sur l’actualité, les comptes rendus d’albums, les « planches remarquables de la collection du musée de la bande dessinée »…

Neuvième Art fait état, à chacun de ces numéros, de toute la diversité et la richesse de la bande dessinée. Loin des querelles de chapelle, sa ligne éditoriale est moins polémique que ne l’était celle de l’Eprouvette par exemple. Cette revue est indispensable aux amateurs (aux professionnels également).

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Sommaire détaillé

LE STRIP (revue) – Editions du Lombard

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Lancée en janvier 2008, cette revue bimestrielle, que l’on aurait pu croire éphémère, en est déjà à son 8ème numéro (de mars 2009). Son format « quotidien papier » (dans l’esprit de la première version de Zoo, ou L’étrangleur de Tardi), pouvait laisser penser qu’il s’agissait d’une revue promotionnelle, présentant des séries en pré-publication. Les éditions du Lombard ont certes sorti cette revue dans le but avoué de faire la promotion de leurs auteurs et séries « maison ». Mais aussi pour retrouver l’esprit des grandes heures de la presse BD, et attirer les lecteurs nostalgiques du journal Tintin.

A la différence de son glorieux aîné, le Strip nous propose surtout de courtes séries humoristiques ou des pages de caricatures d’actualité. On y retrouve de nombreux dessinateurs de l’équipe Fluide Glacial : Coyote, Maester, Boucq, Relom, Julien/CDM, Jannin… Ainsi que Nix et son strip Kinky & Cosy, Yoann & Texier avec leur série à suivre Les Captainz ou Spoot & Nik par Mo/CDM… De bons auteurs, des séries bien sympathiques, un format original, un prix défiant toute concurrence… Voilà comment le strip a su faire sa place et pourquoi il existe encore dans ce rude monde de la presse BD.

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Le numéro 2…

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