Les nuits blanches du Grand Guignol – Agnes Pierron (2002 Seuil)

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Blood Feast de Herschell Gordon Lewis (1963) est considéré comme le premier film gore de l’histoire. Le premier à choquer les spectateurs en montrant de façon explicite des scènes violentes de sang et de chair mutilée. Susciter des sentiments de dégoût, de rejet, de peur viscérale est bien la volonté première de tout réalisateur de film gore. Faire cela au cinéma était nouveau à l’époque. Pourtant, le gore existe depuis très longtemps dans la littérature (voir la Bible), la peinture (Goya par exemple) ou même le théâtre.

Le gore a une fonction cathartique. Il sert d’exutoire à nos pulsions les plus inavouables. Alliant attirance et répulsion, le spectacle gore n’est pas malsain car nous savons qu’il n’est pas vrai (à la différence d’images de guerre qui sont absolument insoutenables). Le gore se regarde au second degré, c’est pourquoi il se marie à merveille avec l’humour, l’absurde (voir Braindead ou Evil Dead II).

L’origine directe du cinéma gore est française, c’est le théâtre du Grand Guignol ! Fondé en 1897 par Oscar Méténier et situé rue Chaptal à Paris 9e, ce théâtre était spécialisé dans le spectacle d’horreurs macabres et sanguinolentes. Le terme Grand Guignol signifie que les personnages sont joués par des acteurs, à la différence du Petit Guignol, dont les interprètes sont des marionnettes en bois. Si le Petit Guignol est pour les enfants, le Grand Guignol est bien sur réservé aux adultes.

Le Grand Guignol a connu un succès considérable durant l’entre-deux guerres, attirant les amateurs de sensations fortes qui venaient voir des pièces aux intrigues érotico-sadiques, criminelles et démentielles… Mais le public, marqué par les horreurs de la seconde guerre mondiale, bouda le théâtre qui dut fermer ses portes en 1963. L’année même où sort Blood Feast ! La relève est assurée !

Avec Les nuits blanches du Grand Guignol, Agnès Pierron nous raconte les coulisses de ce théâtre, ses créateurs, ses auteurs, ses spectateurs, ses affiches… Pour la première fois, des documents inédits et insolites sont rendus accessibles au public. Affiches, photographies, gravures, dessins, témoignages, n’ont pu être obtenus qu’à la suite d’enquêtes, de voyages, de rencontres. Ce livre, qui n’oublie pas la perspective historique et anthropologique, est d’abord le récit d’une aventure et d’une passion.

http://www.grandguignol.com/

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