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Archives pour novembre 2008



GENESES APOCALYPTIQUES – Lewis Trondheim (1999 l’Association Mimolette)

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Trondheim est de ces auteurs, avec Sfar et Larcenet, qui dessinent et produisent des BD comme ils respirent. Jamais à court d’idée, ses talents de scénariste et dessinateur lui permettent de s’essayer à tout les styles possibles, et de les adapter à ses divers projets : humoristique pour « le blog de Frantico »(si c’est bien lui ?), animalier pour son Lapinot, figuratif et semi-réaliste pour « Les Petits Riens » (récit autobio), abstrait et OuBaPien pour ce « Genèses Apocalyptiques », etc. (voir sa biblio)

Jadis objet d’un album hors commerce réservé aux Adhérents de L’Association, voici entièrement redessinés pour tous les récits les plus métaphysiques de Lewis Trondheim. Toutes les théories sur la Création, l’Evolution et la Fin du Monde sont ici passées au crible. (Catalogue 2006 de l’Association.)

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A la recherche du trésor de Rackham le Rouge (2007 – éditions Moulinsart)

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L’oeuvre d’Hergé est d’une richesse telle, qu’on est loin d’en avoir fait le tour. Chacun, je pense, entretient une relation particulière avec les Aventures de Tintin. C’est une oeuvre à la fois universelle et très personnelle…

Cet ouvrage nous présente l’histoire du tresor de Rackham le Rouge telle qu’elle était diffusée dans le journal Le Soir, du 19 fevrier au 23 septembre 1943, sous la forme de strip quotidien (183 précisement). Hergé a ensuite reformaté l’histoire pour l’éditer en album couleur de 62 pages. Les auteurs (Daniel Couvreur et Frédéric Soumois) analysent et commentent chaque strip, quasiment chaque case, en s’appuyant sur une documentation riche. 

On découvre ici tout le sens du découpage d’Hergé, car le format strip impose un rythme quotidien, totalement différent d’une planche d’album. Comme s’il inventait l’histoire au fil des jours… Il faut créer un suspens à chaque fin de bande, afin d’accrocher le lecteur et l’inciter à lire absolument la suite des aventures… Ce découpage apporte une relecture bien différente de l’histoire, que je découvre presque comme si c’était ma première lecture. Magique…

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Bertrand Burgalat Meets A.S Dragon (2001 Tricatel)

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Auteur, compositeur, interprète, producteur, multi-instrumentiste, chroniqueur (trop rarement) et créateur du label Tricatel, Bertrand Burgalat à produit les albums de personnalités aussi diverses et variées que Valérie Lemercier ou Michel Houellebecq. A travers ses créations et productions, Burgalat a redonné tout son sens à un terme galvaudé : Variété !

Son premier album solo (l’électro et easy listing the sssound of mmmusic) fait preuve au niveau de la production, d’un vrai travail d’orfevre. Un croisement improbable et réussi entre Gainsbourg (pour les basses) et Kraftwerk (pour les rythmes et certains sons).

B.B. meets A.S Dragon est un pur album rock séminal et sophistiqué (très sixties), enregistré en live. Les musiciens sont tous impressionnant. Le jeu des guitares (sur le morceau KIM en particulier) s’entrecroisant, se répondant à merveilles m’évoque le groupe Télévision dans leurs grands heures du Marquie Moon… Burgalat nous enchante avec sa voie légère et suave. Les textes sont signés Burgalat,Houellebecq ou Katerine, ainsi qu’ une reprise d’Amanda Lear… Un putaing d’album !

Malgré le départ du bassiste Fred Gimenez (qui bosse avec Murat) et du guitariste Peter Van Poel (qui a sortie un superbe album pop) l’A.S Dragon continu de tourner. Ils annoncent le remplacement de Natacha au chant (qui remplacait Burgalat) pour leur prochain album… Burgalat à sorti son quatrième album (en comptant celui avec l’A.S Dragon) Chérie BB, en 2007.

 

TIMOLEON : TIME IS MONEY – Alexis & Fred (1974-75 Dargaud)

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Coup de coeur pour cette trilogie dès que je l’ai lu (au lycée) ! C’est loufoque, poétique, absurde, surréaliste, con, génial…

Si comme moi vous adorez l’oeuvre d’Alexis (cinemastock, superdupond…) ainsi que celle de Fred (Philemon, le corbac aux baskets…) vous tomberez sous le charme de cette oeuvre commune, fusion réussie de leur deux univers.

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Timoléon bat la campagne, portant sur le dos une énorme machine de sa fabrication : une-machine-à-vapeur-pour-rouler-les-cigarettes-une-à-une-sans-se-fatiguer.
Faisant du porte à porte, toujours éjecté, il rencontre le professeur Stanislas en son manoir. Stanislas a créé une machine à remonter le temps. Car pour lui « le temps, c’est de l’argent ».
Son but ? Envoyer Timoléon, qu’il veut faire devenir un « commerçant du temps »…
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Alexis est un dessinateur hors pair, virtuose, meticuleux (et co-fondateur de Fluide Glacial)… Il était à l’aise dans tous les genres, humour ou science fiction, fantastique ou historique…

Fred est lui aussi un formidable dessinateur, mais c’est surtout un génial createur d’univers burlesques, surréalistes, absurdes, engagés (il est co-fondateur de Hara-kiri tout de même !

Ces deux là était fait pour s’entendre… De cette rencontre (d)étonnante entre deux personnalité bien distinctes, en ressort une saga remarquable, un chef d’oeuvre indispensable du 9ème Art. Cette trilogie fut rééditéé en 1992 chez vents d’Ouest.

YRAGAEL – Druillet & Demuth (1974 Dargaud)

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Après Caza et Moebius, je ne veux pas oublier l’autre mutant de la Bande Dessinée de Science Fiction made in France, Druillet ! Tout comme ses pairs, Druillet créé une œuvre riche, intense, belle et monstrueuse (Lone Sloane, La Nuit, Salommbô, Vuzz, les décors des « Rois Maudits »…

Il est assez difficile de décrire par des mots ce que l’on ressent en lisant ce Yragael. Plus encore que son ami Moebius, Druillet explose littéralement le cadre et la structure de ses planches… Peut on encore parler de bande dessinée ?
Se situant dans un espace narratif entre la BD classique (séquences, ellipses, phylactères, découpages, plans…) et l’illustration de texte (qui représente un moment précis de l’histoire ou la synthèse d’une action), chaque planches semblent indépendantes les unes des autres. Au premier abord, on ne distingue pas de liens séquentiels entres elles. Les différences de styles, de couleurs, de techniques renforcent cette impression de succession de tableaux.

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Les cases sont rarement délimités par un trait noir classique, plutôt par les éléments du dessin (les bras, les jambes des personnage) ou le plus souvent par des enluminures. Certaines planches sont réparties sur les deux pages, ce qui nous oblige à incliner l’ouvrage pour le lire.
Son style hors norme, jamais vu dans la bande dessinée, m’évoque plus un peintre comme Klimt, dans sa manière d’intégrer des ornements en aplats (2D) dans ses compositions en relief (3D), que n’importe quel dessinateur de BD de SF. Druillet compose chaque dessin comme une toile. Sa palette oscille entre différentes gammes de bleus, de verts et de rouges orangés. Et aussi du noir et blanc. Mais plus encore que ses couleurs, se sont les contrastes de matières entre minéral et organique qui nous saute à la vue.

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Il faut du temps à notre œil pour cerner pleinement le sens de ses dessins, qui de prime abord paraissent illisibles et abscons. Cela nous demande un effort mais le résultat en vaut la chandelle. Au bout d’un moment, tous ces détails trouvent un sens à nos yeux et les planches deviennent harmonieuses, limpides…
A l’opposé de l’épure, ses dessins au trait torturé et puissant sont hyper construits, « architecturaux », tout en montrant une approche très physique des corps. Lorsqu’ on entre dans ce Yragaël, on découvre un monde fascinant, « lovecraftien ». L’histoire de Demuth (auteur de science fiction) nous parle d’anciennes civilisations, de Dieux créateurs, des derniers hommes…

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BD visuelle par excellence ! Bien que le texte soit un des éléments (avec les dessins et les enluminures) qui entrent en compte dans la composition de ses planches, l’histoire ne semble être ici qu’un très beau prétexte à Druillet pour se laisser aller à ses délires graphiques. A la vue de sa calligraphie, il a littéralement digéré le texte de Demuth.
Pour reprendre les termes de McCloud (dans « L’art invisible »), l’iconographie non-verbale se confond avec l’iconographie verbale. Le contenu devient contenant (et réciproquement) ce qui a pour effet de créer des planches jamais vues jusqu’alors dans le monde de la Bande Dessinée.

Plus que pour d’autres, il nous faut déchiffrer le vocabulaire de Druillet, comprendre son langage pour pouvoir lire ces dessins…

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Il m’aura fallu du temps pour l’apprécier à sa juste valeur. Plusieurs années en fait car je me rappelle qu’au lycée, un ami m’avait prêté son Salommbo (d’après Flaubert) et je n’arrivais pas à le lire. En fait, ces dessins me faisait peur ! S’il ne fallait choisir qu’un mot pour définir cette BD (et l’œuvre de Druillet en général) je dirais (et je ne suis pas le seul) : Baroque !

http://www.druillet.com/

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