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Archives pour octobre 2008



JOURNAL D’UN ALBUM – Dupuy & Berberian (1994 l’Association)

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Bon, je dois dire que jusqu’alors, je n’avais pas vraiment adhéré à l’univers de Dupuy & Berberian. Le journal d’Henriette dans Fluide Glacial, Les aventures de Monsieur Jean, je n’accrochais pas. Question de style, que je trouvais trop léger, trop gentil…
Puis, aux vues de leur succès (critique et public) et de l’influence qu’ils peuvent avoir (auprès du canadien Seth par exemple), il fallait que je revienne sur mes premières impressions… De plus, leur dernière série diffusée dans Fluide, Bienvenu à Boboland, est plutôt pas mal, même plutôt bien (leurs couleurs pastelles sont superbes). Ça m’a permis de me faire à leur ligne claire épuré et surtout, à leur sens de l’observation, fin et percutant (comme leur style d’ailleurs).

Je me suis donc procuré Journal d’un Album, histoire d’en savoir un peu plus sur eux, par le biais de ce récit autobiographique à quatre mains.
Ce journal nous raconte la genèse du tome 3 de Monsieur Jean, avec toutes les complications possibles pour le mettre en œuvre, l’éditer… Et bien entendu toutes les crises existentielles, les doutes artistiques qui s’y rattachent. Ce n’est décidément pas facile d’être un auteur de Bandes Dessinées trentenaire et père de famille…

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A tous ceux qui se demandent comment Dupuy & Berberian travaillent en collaboration, vu qu’ils n’ont pas de rôle bien défini (genre, l’un est scénariste et l’autre dessinateur), les auteurs s’expliquent assez simplement dans ce journal : ils travaillent tous les deux sur le scénario, après chacun se lance dans la réalisation de planches puis, se les échangent. Ils n’en disent pas plus mais je suppose qu’ils reprennent là ou l’autre à calé, que l’un redessine sur l’autre, ou que l’autre doit encrer les planches de l’un, ou encore l’un fait des personnages et l’autre les décors…

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Peut être tout ça à la fois en fait (et plus encore), car pour garder cette spontanéité, pour que l’alchimie fonctionne encore après plus de vingt ans, je ne pense pas qu’ils aient érigé un « système ». De plus, chacun travaille dans son coin, ce qui ne les épargne pas de « l’angoisse de la page blanche »

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On voit d’ailleurs assez bien la différence de style entre Dupuy (à droite) qui est très ligne claire, au trait arrondi, et Berberian (à gauche) qui est plus laché, plus anguleux. Mais bien sur très proche l’un de l’autre. C’est l’aspect authentique que j’aime dans cet ouvrage, ils n’ont pas caché cette différence de style, au contraire. Honnête, ce Journal d’un Album est véritablement le journal de bord de deux artistes nous racontant les coulisses de la création d’un album…
Ca me donne envie de me plonger dans les aventures de Monsieur Jean !

Site officiel : http://www.duber.net/

 

GRINDHOUSE – Tarantino/Rodriguez (2007)

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Premier film de Tarentino que je vois au cinéma (je ne m’y suis intéressé qu’après Pulp Fiction et était passé à coté de Jackie Brown et les Kill Bill) et je ne dirais qu’une chose : j’en ai pris plein les mirettes ! Ce petit dernier est digne de ses prédécesseurs. J’y ai retrouvé tout ce que j’apprécie chez Tarentino.

Les dialogues, jubilatoires et haut en couleur, sont le moteur même de l’action.
Les cadrages, les plans, les musiques, les couleurs, font toujours références à un genre bien particulier (blaxploitation dans Jackie Brown, Kung-Fuxploitation et Western pour les Kill Bill, etc). Dans ce Boulevard de la Mort, c’est la référence aux films de série Z (Grindhouse) des années 60, Russ Meyer en tête.

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Mais Tarentino n’est pas qu’un pâle copieur. Il va plus loin que la simple citation. Il utilise ces références au film de genre comme un musicien utiliserai des samples (ou comme les Dadaïstes avec leurs photomontages). Il mixe tous ces éléments et les recompose en une œuvre visuellement originale. L’histoire, qui tient en une ligne (un sérial-killer tue avec sa voiture les jeunes filles qu’il prend en chasse), n’est qu’un prétexte à cet « exercice de style ».

Les scènes d’actions sont d’un réalisme et d’une efficacité redoutables car, dans ce jeu des références, Tarentino n’oublie jamais d’incérer quelques plans bien gore dans ses long-métrages.
Même s’il n’atteint pas le niveau d’un Pulp Fiction ou d’un Reservoir Dog – ce qui d’ailleurs n’était pas l’intention de Tarentino – Death-proof ne fait pas tache dans sa filmographie.
Avec ce film, le cinéma de Tarentino est plus que jamais un cinéma visuel et viscéral.

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Le planet terror de Rodriguez est plus cinglé ! Ce film de zombies est un festival de référence à cette culture de genre (cinéma bis, pulps, SF, séries Z… Ah, cette jambe-mitraillette, quelle idée ! Cette histoire de contamination n’est qu’un pretexte à des délires visuels (et gores) les plus improbables.

Je suis assez d’accord avec certains chroniqueurs de Mad Movies qui reproche à Rodriguez d’être un peu feignant, de ne faire que le minimum syndical, de « bâcler » son travail (comparé à Tarentino). Cela dit, à sa décharge, il porte plusieurs casquettes (scénariste, réalisateur, producteur, musicien…) Enfin, toujours est-il que son planet terror est jubilatoire (voir la scene où Bruce Willis explose !). Du quarantième degrés. Un vrai plaisir de bisseux !

Les femmes jouent un rôle important dans ces deux films. De victimes, elles deviennent rapidement bourreaux. On est loin des « sceammeuseS » idioteS qui se font trucider à la pelle dans les films de genre des années 70/80. Ici, elles prennent leur destin en main et savent retourner la situation pour survivre… Vive les Femmes !

BROKEN SOCIAL SCENE – Arts & Craft

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Découvert suite à la lecture d’un article paru dans télérama, je suis immédiatement devenu fan de cette formation à géométrie variable (comprenant en gros une quinzaine de membres), initialement fondée par Kevin Drew et Brendan Canning. Groupe indépendant, ses influences vont de la new wave (plutôt New Order) à la Pop, en passant par la Folk, le Rock indie ou expérimental (genre Tortoise). A ranger entre Pavement et Sigur Ros.

Ils viennent de sortir un nouvel album, qui fait suite à celui de l’année dernière. Ces deux disque sont présentés comme les projets solo des deux têtes pensantes du groupe : Kevin Drew et Brendan Canning. Et ce sont bien là deux albums du Broken (et non deux « demi-albums »), grâce auxquelles on se rend compte de ce que chacun apporte à l’univers musical du groupe : Kevin est plutôt dans un format pop-folk, alternant les ambiances éthérées, acoustiques ou noisy. Brendan est quant à lui plus référencé rock, new wave ou funky.

Ces deux albums forment un double, j’y retrouve le son « Broken » (noisy-post-rock) que j’aime… J’ai une préférence pour Spirit if… Je vous conseille leurs 6 albums, ils sont tous bons. Mais écouter leurs 2 premiers : « feel good lost » et « you forgot it in people », reste la meilleure façon de découvrir ce groupe génial !

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site officiel : Arts & Craft

Festival Le Rock dans tous ses Etats 2006

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Nous sommes arrivé alors que le festival avait déjà commencé. On a donc loupé un ¼ d’heure du concert de Marcel et son orchestre. Mais c’est pas grave, on aura quand même pris du bon temps.

On s’est bien éclaté ! Marcel, c’est un spectacle complet, autant visuel que sonore. Ils se mettent en scène en créant des personnage avec des look pas possible. Musicalement c’est du ska-rock on ne peut plus festif ! Y avait une sacrée ambiance dans le public (et sur scène) ! Leurs textes sont subtilement écrits, du genre : « rené est con, comme un balai, comme un balai en moins poilu et plus épais !» La classe quoi !

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Mais ceux pour qui je suis venu, c’est dEUS ! Depuis le temps que je voulais les voir, enfin ! Bon, l’inconvénient, c’est qu’ils n’ont joué qu ‘une heure. Mais quelle heure ! On s’est placé au dixième rang, histoire de bien les voir. Et je n’en ai pas perdu une miette.

D’entré ils nous en balance plein les oreilles avec un « pocket révolution » à l’ambiance torride. Le son est surpuissant, la maîtrise des instruments impressionnante. Tom Barman est un bon, très bon. Je retrouve ce que j’apprécie sur leur disque : le contraste entre leurs chansons plutôt pop et leur son rock-noïsy. A la fois calme et violent. Superbe !

Un concert court mais intense (j’ai sauvé la vie de quelques slameurs fous !). Je me rappelle plus de la set-list précise, mais de mémoire, je dirai : pocket révolution / stop-start nature / instant street / bad timing / fell on the floor man / nightshopping / the real sugar / worst case scenario / turnpike / freaks / nothing realy ends (tom Barman : « une chanson d’amour ») / roses / what we talk about / suds and soda.

Ce fut un excellent concert et maintenant je peux dire que dEUS est un des plus grand groupe de rock qui existe à l’heure actuelle !

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Après dEUS, c’était Cali la tête d’affiche. Mais avec les copains, ont a tenu 5 minutes. Ses musiciens étaient plutôt bons mais lui est insupportable. Il en fait des tonnes (« public chéri, je vous aime » ). M’enfin pendant ce temps, on a été s’en boire quelques unes avant d’aller s’éclater avec monsieur philippe Katerine.

La grande classe avec son boa rose et sa barrette dans les cheveux. De plus, il arrive sur scène en imitant Cali, les bras en croix en remerciant quinze fois le public ! Trop fort ! Je ne connais pas trop son dernier album mais ses textes sont surréalistes à souhait. Du quarantième degrès ! Ses zicos sont très bons ( j’ai appris recemment que ce sont en fait les Littles Rabbits ! ) et lui chante vraiment bien. Un bon moment mais on a pas vu la fin, il fallait rentrer (faut dire qu’il a commencé à 1h du mat’)

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Les photos ne viennent pas de ce festival. Compte rendu sympa avec photos, sur froggy’s delight

La Véritable Histoire de Futuropolis & Le Journal – Cestac & Clerc (2007/Dargaud – 2008/Denoël Graphic)

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Florence Cestac et Serge Clerc sortent en même temps (à six mois d’intervalle) un album autobiographique. Ils nous racontent leurs souvenirs de ce qui demeure les deux plus grandes aventures éditoriales de la Bande Dessinée française des années 70 et 80 : Futuropolis (1972-1994) et Métal Hurlant (1975-1987).
Hasard des projets et des calendriers ? Il est amusant d’observer de nombreux points communs entre ces ouvrages…
Cestac et Clerc sont les acteurs principaux de leur récit. Ils ont contribué à la création de l’aventure qu’il nous raconte… Ce qui rend leur démarche originale et légitime…
Laissons la parole à Philippe Druillet : « La Véritable Histoire de Futuropolis est un livre chaleureux, lumineux, tendre, magnifique. Florence y parle d’une histoire dont elle a été partie prenante à 50/50 avec Etienne Robial. C’est comme si Hergé avait écrit sa propre histoire, ou que Moebius, Jean-Pierre Dionnet et moi-même avions rédigé notre histoire de Métal. C’est la grande nouveauté par rapport à tous ces ouvrages sur l’histoire de la bande dessinée qui sont paru jusqu’à présent. Quel que soit le talent des journalistes qui écrivent ces livres – et dans le cas des auteurs du livre sur l’histoire de Métal Hurlant, ce talent est grand – ils n’ont pas été les acteurs de l’histoire qu’ils racontent » (in Neuvième Art n°14).

Druillet ne le mentionne pas, mais Dionnet explique dans sa préface (pour Le Journal) que Serge Clerc est « légitimement le seul qui pouvait raconter le journal […] Serge Clerc en sait plus sur la naissance de Metal Hurlant que moi ». Clerc voulait faire cet ouvrage depuis longtemps mais Dionnet à certainement raison quand il émet l’idée que Le Journal est aussi sa réponse au livre Metal Hurlant –la machine à rêver… Dionnet toujours, à propos du Journal : « Ce livre aurait du s’appeller « La Véritable Histoire de Métal Hurlant » , si le titre n’avait pas été pris par l’Autre Éditeur Important des années 70 ».
Cestac, quant à elle, a sorti La Véritable Histoire pour également remettre quelques pendules à l’heure par rapport au nouveau Futuropolis, qui n’a aucun rapport avec SON Futuropolis. « Le Futuropolis d’aujourd’hui est autre chose, qui n’a rien à voir. Il faudrait que ça s’appelle autrement » (Cestac in Neuvième Art n°14).
D’une certaine manière, ils rétablissent la vérité, du moins leur vérité, à propos de l’histoire qu’ils ont vécu.

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Cestac et Clerc partagent la même volonté, ne pas oublier…
Florence et Serge ne se bloquent pas à décrire la stricte réalité des faits, ils ne cachent pas les tours que leur joue leur mémoire, ils ne recherchent pas l’exactitude des faits… Ils retranscrivent avant tout leurs émotions du moment et leurs ressentis « à posteriori ». Tous deux privilégient leur mémoire affective… Ils font preuve d’une grande sincérité et d’une grande humilité. A aucun moment ils ne tirent la couverture pour eux. On ressent une grande sympathie pour leurs amis. Et des amis, il y en a eu ! Ozanne, Dugenou, Roquemartine, Druillet, Tardi, etc. pour Cestac ; Dionnet, Manœuvre, Chaland, Moebius, etc. pour Clerc… Un bon nombre, surtout Dionnet, Druillet et bien sur Robial, ont participé activement à ces deux aventures…
Aucunes critiques, aucuns règlements de comptes. Je suppose qu’ils ne parlent pas des gens qu’ils n’aiment pas… Pas de nostalgie non plus, un peu de tristesse uniquement, car ces aventures sont maintenant terminées… Mais elles ont été, et tous les livres magnifiques qu’elles ont publiés existent encore et toujours…

Outre ces nombreux points communs, Le Journal et La Véritable Histoire ont, bien entendu, leurs qualités propres. Chacun avec sa « patte » (les fameux « gros nez » de Cestac, la fameuse ligne claire de Clerc), son style (humoristique pour elle, limite cubiste pour lui), son vocabulaire picturale… Elle utilise du gris alors qu’il est dans le noir et blanc stricte…
Cestac est plus sentimentale (l’histoire de Futuropolis est aussi l’histoire du couple Robial-Cestac), décrivant les émulations de groupe, nous racontant des anecdotes à propos des amis…
Clerc lui, est plus introspectif, moins impliqué dans la vie de groupe. Il est dans la retranscription de ses impressions, ses stimulations, ses découvertes, ses rencontres décisives (avec Manœuvre ou Chaland)…
Au niveau de la maquette, ils ont chacun conservé l’esthétique propre à leur maison d’édition. C’est Robial qui a fait la conception graphique pour Cestac et celle de Clerc a été faite par les Associés réunis (inclus Jean-Luc Fromental, ancien rédacteur de Métal).

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Ces deux aventures éditoriales, Futuropolis et Metal Hurlant, n’étaient que le fruit de gens passionnés, sans grande expérience, formés sur le terrain mais solidaires, animés par le même désir : réaliser leurs rêves… De véritables héros des temps modernes…
Passionnés, voilà le maître mot, le moteur qui a permis à Florence Cestac et Serge Clerc de réaliser ce qu’ils ont fait, et de nous proposer en 2008, avec cette passion toujours intacte, le récit de leur formidable aventure. Superbes !

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